Galerie du Dragon : expositions d’art et rencontres intellectuelles

Il est question d’une galerie qui a été créée en 1955. Elle était d’abord associée à la librairie du Temps, espace culturel où avaient lieu, déjà, quelques expositions. La Galerie du Dragon tient son nom d’abord de son emplacement au n° 9 rue du dragon, à Paris 6, puis aux thèmes originaux des expositions qui y ont lieu. Cette galerie réunit l’art de plusieurs civilisations. Elle ne se limite pas à un courant en particulier ou un peintre spécifique. C’est l’art dans l’absolu et à la portée de tous. L’élite intellectuelle s’y retrouve mais le profane aussi a sa place dans l’univers artistique que la galerie met en lumière.

Création de la galerie

Ainsi, puisque l’espace attenant à la librairie du Temps était déjà une sorte de lieu culturel en soi, où l’art tenait une place importante, il a été assez aisé de le transformer en galerie d’art. Cet espace, animé à l’origine par Manou Pouderoux et Nina Dausset, depuis 1946 programmait déjà des expositions d’art plastique. Par la suite, Max Clarac-Sérou, peintre et poète français, entreprend d’en faire une véritable galerie d’art et un lieu de rencontres culturelles. Depuis sa création effective, donc, en 1955, la galerie du Dragon est devenue l’un des lieux préférés des peintres et poètes surréalistes. Ils ont souvent eu l’occasion de s’y retrouver, d’échanger sur divers thèmes culturels et artistiques et d’exposer leurs œuvres du moment.

Expositions diverses à la galerie du Dragon

La galerie a connu ses beaux jours surtout dans les années 50 et 60, même si elle a continué d’exister encore jusqu’à l’année 1995 . Ainsi, depuis lors, la galerie a abrité des expositions d’artistes de plusieurs nationalités. Il est possible de citer quelques expositions qui ont eu leur importance dans l’histoire de la galerie. Bernard Saby, peintre et dessinateur français, y a exposé en 1955, 56 et 58. Il y a eu aussi des expositions de Roberto Matta, peintre chilien, en 1956,57, 58, 60, 63 et 64. Tout comme il y a eu l’art contemporain cubain qui s’est fait connaitre dans cette galerie en 1961. On n’oubliera pas de citer encore le peintre italien Léonardo Crimonini qui y a exposé à plusieurs reprises dans les années 60. Il y a aussi Vladimir Veličković, peintre et dessinateur d’origine yougoslave qui a commencé à être connu du public à partir de son exposition à la galerie du Dragon en 1967. On n’a cité que ces quelques noms d’artistes de diverses nationalités, mais il y a eu bien d’autres artistes célèbres qui ont exposé dans cette galerie.

Édouard Glissant à la galerie du Dragon

Ce sont davantage des hommes de lettres et des artistes aux tendances surréalistes et post-modernistes qui ont fréquenté la galerie du Dragon. Le poète martiniquais Édouard Glissant, ainsi que d’autres artistes roumains, chiliens, italiens ou cubains ont naturellement fait un passage à cette galerie. Seulement, c’est surtout Édouard Glissant qui a laissé une empreinte plus remarquable en cet espace. En fait, il s’agit de la tête pensante qui a fait en sorte de rapprocher peintres, poètes, hommes de lettres. Le poète martiniquais a été une sorte de pivot autour duquel s’élaborait un Manifeste important à rédiger ou se concevait un réquisitoire relevant du domaine de la littérature ou de l’art en général. il est à préciser encore qu’Édouard Glissant a participé à la rédaction du catalogue de la galerie jusqu’en 1990,

Exposition : »Autour d’Édouard Glissant »

Étant donné l’impact de cet homme sur la galerie du Dragon et sur les personnages littéraires et artistiques qui l’ont fréquentée, on a organisé une exposition en son hommage, intitulée : « Autour d’Édouard Glissant ». Cette exposition, qui a eu lieu en 1988, a réuni les œuvres de vingt-et-un artistes. Œuvres ayant été sélectionnées selon l’esprit qui avait toujours animé Glissant. En effet, pour le poète, l’art, la philosophie et la littérature ne font qu’un et ramènent vers le même thème éternel : l’Homme. C’est donc pour cela qu’aucune des œuvres artistiques choisies pour cette exposition n’a été prise au hasard, mais a illustré tout un monde qui a fasciné Glissant et ceux qu’il a fréquentés . Ceux-là avaient leur opinion spécifique sur la notion d’esthétique où l’innovation continue avait une place de choix. L’objectif de cette exposition-hommage était donc une manière de rendre compte de cet esprit-là.